samedi 27 avril 2019

Découverte de la marche dans la "cage qui libère"

La cage qui libère est un espace très simple à réaliser. http://neurokinesitherapie.blogspot.com/2015/03/la-cage-qui-libere.html
Il met la personne en sécurité et lui permet de découvrir par elle-même  des capacités physiques qu'elle ne s'autorisait pas à explorer.

Accroché à un élastique sur poulie d'alpiniste, il utilise toutes les ressources de la cage, espaliers latéraux et aux extrémités, échelle horizontale pour avancer par des prises en pronation et appui de l'avant bras.
Voir AMM: https://imc-kinesi.blogspot.com/2019/04/amenagement-materiel-du-milieu-amm.html



Marche dans les barres perpendiculaires avec appui axillaire

L'idéal , c'est d'avoir un espace qui permet de s'adapter aux possibilités de la personne.
Les barres perpendiculaires à l'avant bras permettent à ceux qui sont en pronation de se tracter par les mains. Les barres axillaires permettent de soutenir et guider le tronc. Le tout permet un déplacement
entre la marche et le ramper oblique. M^me s'il ne débouche pa ssur un gain fonctionnel, il permet un réentranement cardio respiratoire intense en sollicitant les quatre membres et le tronc. (Ce qui n'est pas si fréquent dans la vie d'un quadriparétique en fauteui roulant électrique.
Voir AMM: https://imc-kinesi.blogspot.com/2019/04/amenagement-materiel-du-milieu-amm.html

Marche sous le chariot roulant



Ce type de marche performante ne débouche pas forcément sur une marche fonctionnelle mais elle remplit son rôle prophylactique d'entrainement à l'effort en travaillant les quatre membres et le tronc en extension.
Voir AMM: https://imc-kinesi.blogspot.com/2019/04/amenagement-materiel-du-milieu-amm.html

Debout Araignée

Avec un harnais accroché verticalement à un élastique, et deux élingues transversales, mode sécurité acrobates,  la personne peut s'entrainer à se relever et à tenir debout sans danger, mais avec une grosse dépense énergétique.
Voir AMM: https://imc-kinesi.blogspot.com/2019/04/amenagement-materiel-du-milieu-amm.html

Verticalisations ventrales et redressements actifs


La verticalisation dorsale n'est parfois pas exploitable avec certains IMC qui malgré les sangles sont en flexum exagéré de cuisses et genoux.
Dans ce cas, il vaut mieux remplacer la verticalisation dorsale par le  schlitter: planche à roulettes sur pente oblique, le patient se repousse activement avec les cuisses et se laisse redescendre. 



A la verticalisation dorsale, il vaut mieux alors préférer la verticalisation ventrale où la personne redevient active. Grimper, le rapport à l'oblique

L'échelle oblique,  on peut facilement tenir à quatre patte avec les pieds en appui et calés par les fiches.

On peut se tracter par les bras en poussant sur les cuisses et se retrouver debout et s'accroupir de nouveau.



Se relever et s'assoir face à l'espalier, le rapport à la verticale.
Installation: 
- les mains sanglées sur un barreau accroché à l'espalier (que l'on peut décrocher très vite en cas de douleur ou malaise)
- Sangle de sécurité passée sous les aisselles
- siège dont la hauteur est adaptée
- appui confortable des genoux.
 O voit sur la photo, l'impossibilité activr à tendre les genoux:
- par manque de force due à la parésie
- par absence de référence de la verticale. Le cerveau ne connait pas la position verticale, il ne peut donc atteinde ce but. Il faut  essayer de donner une référence verticale.















Acquisition d'une référence verticale à l'échelle ventrale.
Benoit Delamer dans les années 70 avait décrit ces réactions d'extension initiée par le procubitus, ce qui avait conduit à la verticalisation ventrale.
Installation:
- genoux et pieds en appui et calés par les fiches.
- sangle pelvienne serrée
sangle thoracique lâche pour rassurer
puis mouvements actifs du tronc en extension, inclinaisons latérales et rotations et flexion.































Correction du flexum de genou en charge unipodale à la verticale.

Verticalisation au stand up pour cette personne nécessite des attelles cruro-pédieuses

 Rotation maximale consentie
FLEXION MAXIMALE ACTIVE



Suspension horizontale: paresseux





Suspension verticale progressive
L'être humain est un primate. Il naît avec dans ses deux poings la force égale à son poids.
Pascal Picq (1) rappelle que c'est la brachiation qui a verticalisé le tronc. Les humains ne se sont pas redressé depuis la quadrupédie. Ils ont découvert la bipédie en descendant de l'arbre.
On peut essayer de rédécouvrir cette suspension en commençant par une suspension oblique avec très peu de tension . Progressivement on va se rapprocher de la verticale, pour mettre progressivement les membres supérieurs en tension étirement actif. (1) Picq, P. (2018). Premiers hommes. Flammarion.

vendredi 26 avril 2019

Aménagement Matériel du Milieu (AMM)



Comme le rappelait Merrill (1972)[1] : « Chaque fois que dans le but de favoriser un apprentissage, nous enseignons en utilisant un environnement artificiellement aménagé, nous manipulons les variables de la tâche. »
L’expérience de Famose et du virage à ski (1979) [2] illustre bien la variété des consignes en pédagogie motrice :
« Deux groupes de jeunes enfants, âgés de 4 à 5 ans, sont constitués pour apprendre le virage à ski :
-          Un groupe est instruit de la façon de procéder avec démonstration
-          Le deuxième groupe doit suivre un ligne bleue tracée sur la neige sans instruction ni démonstration. La tâche proposée : suivre une trace de couleur dessinée sur la neige à l'aide d'un colorant bleu. Cette trace matérialise la trajectoire des virages à réaliser. La consigne qui leur est donnée est de suivre cette trace sans s'en écarter. Aucune instruction quant à la manière d'y parvenir ne leur est prescrite.
C’est le deuxième groupe qui obtient les meilleurs résultats à la fin de la semaine. « La première solution que les enfants apportent à ce problème est de suivre la trace de couleur en pas tournants. Cette réponse est quasi générale. L'enfant, dans un premier temps, résout donc de cette manière le problème qui lui est posé. Mais contrairement à ce qui est affirmé par les théories traditionnelles, il ne va pas renforcer la trace, le sillon, ou les règles permettant de générer les paramètres de ces mouvements réussis. Très rapidement, sans qu'on le lui enseigne, il va changer complètement son comportement moteur et produire une nouvelle solution motrice. Désormais, son virage va être déclenché et conduit par un léger pivotement simultané des deux skis. Il est remarquable que tous les enfants modifient leurs premières solutions dans le même sens.  
Cette observation permet de constater l'existence de discontinuités dans l'apprentissage moteur. Cela laisse supposer que les habiletés motrices, au cours de leur acquisition, se réalisent en utilisant des configurations de mouvement qualitativement différentes. L'apprentissage en situation complexe semble donc impliquer à certains moments une réorganisation qualitative du comportement. L'acquisition n'est pas simplement un processus qualitatif qui se déroule de manière continue et linéaire en fonction de la pratique mais aussi, et peut-être surtout, un processus discontinu, qualitatif ».

L’expérience de Famose montre que l’apprenant apprend plus vite s’il apprend en groupe en imitant des néophytes qui cherchent, communiquent et se regardent plutôt qu’en regardant ou en écoutant un expert.
Cela redéfinit totalement le rôle de l’enseignant ou du rééducateur du mouvement.
L’aménagement matériel du milieu fait référence aux théories socio-constructivistes : un apprentissage collectif soutenu par l’adulte. Il est défini par Famose comme la « modification du milieu physique dans lequel se déroule la tâche par une construction matérielle (modification d'éléments matériels, apports de nouveaux éléments) visant à induire un type de comportement et tendant à concrétiser toutes ou parties des phases du geste, avant, au cours et à la fin de l'action du sujet. » 

[1] Merrill, M. D. (1972). Psychomotor taxonomies, classifications, and instructional theory. Readings in motor learning. Philadelphia: Lea and Febiger.
[2] Famose, Hébrard, Simonet et Vivès (1979) Apprentissage du virage en ski

jeudi 18 avril 2019

1 Assis Podium, 2 Couché, 3 Assis au sol, 4 Récamier, 5 Sirène


REPERTOIRE LOCOMOTEUR INVIDUALISE


Répertoire Locomoteur pour les personnes cérébro-lésées
et médullaires incomplets.

Pascal Picq[1] rappelle que ce sont les grands singes qui ont le plus grand répertoire locomoteur. Ils peuvent adopter spontanément les positions « couché sur le dos, sur le ventre, sur le côté en appui sur un coude, 4 pattes » etc. Parmi les grands singes, l’humain est celui qui a le répertoire locomoteur le plus étendu puisqu’il rajoute, la course, l’équilibre unipodal etc.

La construction mécanique du corps.
A la naissance, l’enfant développe ses capacités balistiques couché sur le dos, il lance bras et jambes à des fréquences considérables : plus de dix mille mouvements de flexion extension de bras et jambes par jour. Puis à plat ventre il va peu à peu s’appuyer sur les avant-bras et soulever sa tête. Puis il va continuer à développer ses capacités d’appuis, élevant peu à peu son centre de gravité. « Donnez-moi un point fixe et je soulève la terre » a dit Archimède. Au niveau segmentaire les synergies musculaires ont la simplicité d’une grue de chantier. Mais au niveau global, se met en place une circuiterie neuronale complexe regroupée en programmes utilisant 570 muscles pour mobiliser 206 leviers osseux afin de se retourner sur le ventre, se mettre à 4 pattes, debout etc. Si l’on déplace le centre de gravité sur le polygone, il faut modifier la tension des haubans qui maintenaient l’équilibre. Si on lève un appui d’un polygone bipède, il faut que l’autre appui maintienne la charge en équilibre sur ce nouveau polygone. Ils ont besoin d’une reprogrammation de leurs propres leviers qui renforcera les synergies musculaires utilisées.

L’auto-organisation de la mécanique corporelle.
Une grande partie de la locomotion s’est construite automatiquement avant deux ans et demi, âge auquel l’enfant accède au contrôle des sphincters et à l’exécution de la consigne verbale. Il va continuer à utiliser l’apprentissage implicite, mais peu à peu, les professionnels du corps vont abandonner l’apprentissage moteur implicite pour lui préférer la voie volontaire. Or, la structuration des circuits locomoteurs a été confiée à l’auto-organisation neuronale. « Elle s'exprime dans une auto-organisation non-programmée génétiquement et s'alimente dans le dialogue ininterrompu qu'un organisme entretient avec son environnement par le truchement de l'acte moteur, instrument de conquête, de perfectionnement adaptatif et de progrès évolutif »[3] . Cette définition est complétée par Sultana et Mesure : « Le sujet apprend par essai erreur. Il n’a besoin d'aucun pédagogue pour améliorer sa motricité. C’est la quantité de pratique qui améliore la qualité gestuelle par essais erreurs : diminution du coût énergétique et de la demande attentionnelle, précision, vitesse, taux de réussite de l’action[4] » On peut donc dire que l’auto-organisation est un apprentissage procédural global implicite avec attention externe et exogène[5]. Les patients de traumatologie conservent un schéma corporel intègre, auquel ils pourront se référer un temps pour retrouver les sensations antérieures. Les patients cérébro-lésés ne peuvent se référer à un schéma corporel intègre. Celui-ci a été fortement remanié par la lésion. En revanche, les IMC ne se confrontent pas à un ancien schéma corporel. Ils le construisent avec les moyens du bord en fonction des jeux proposés. Or il y a très peu de référence aux jeux de « vertige »[6] . C’est pourquoi, nous avons intégré à chaque atelier des exercices de bascules et tangage et roulis qui restituent la vitesse de la chute éduquant ainsi leur système labyrinthique.
Kinésithérapeutes, Ergothérapeutes, Psychomotriciens, Professeurs d’ Activités Physiques Adaptées et Médecins Physiques de Rééducation  ne sont pas les experts du mouvement du patient cérébrolésé qu’ils examinent. Lui-même n’est pas expert de sa motricité dont les entrelacs neuronaux échappent en grande partie à sa conscience. En revanche, placé en sécurité, ce patient peut développer automatiquement des stratégies originales pour atteindre son but.

Répertoire Postural
Brunstrom, Bobath, Kabat, Lemetayer (NEM) se sont appuyés sur le développement locomoteur de l’enfant pour élaborer un répertoire moteur utile pour la rééducation en neurologie. Reprenant ces positions, M. Lane D. Russel ont élaboré le Gross Motor 88,  l’échelle de référence pour les IMC (PC) 1989. Chaque item est évalué sur 4 : 0, impossible, 1 amorce, 2 incomplet, 3 complet. Mais une échelle aussi complète soit-elle ne donne pas une stratégie de rééducation. Il n’y a que 88 items. Or chaque patient élabore sa propre stratégie pour passer d’une position à l’autre. C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de consigner les stratégies mises en place par les patients, c ‘est le test critérié. « Donner une information sur la performance d’un patient en relation à un ensemble d’objectifs à atteindre sans s’occuper des résultats obtenus par d’autres sujets. Le test critérié permet de diagnostiquer la maitrise d’un comportement particulier chez un apprenant ».[7]. Ainsi s’est constitué peu à peu un répertoire de capacités à changer de positions. Et si la personne, me montre une façon ne figurant pas dans le répertoire, je la rajoute . (ça pourra peut-être servir à d’autres !) Entre les capacités réussies (X) et les capacités encore impossibles  ( 0), il y a un ensemble de capacités amorcées (A). Ce sont elles qu’il faut répertorier pour tenter de les améliorer périodiquement. Sur une cohorte de 354 patients neuro, il a été montré que périmètre et vitesse de marche sont fortement corrélés au nombre de positions acquises (0,88 p< 0,0001)[8].
Ce répertoire n’est pas un bilan fastidieux que le kiné doit remplir. C’est un aide-mémoire didactique pour thérapeute du mouvement. En effet la chronicité fait que l’on répète un peu toujours les mêmes exercices alors que d’autres habiletés ne sont jamais exploitées. En séance, avec le répertoire en main, on choisit un atelier : aujourd’hui dans telle position, on va voir ce que vous maitrisez, ce que vous amorcez et qu’est-ce qu’on pourrait améliorer (ou regagner si certaines capacités ont été perdues) ?

19 Ateliers détaillant les Stratégies d’Acquisitions Progressives
Page 2 : Atelier 1 Assis au plan Bobath.  Atelier 2 Couché au sol.
p.3 Atelier 3 :  Assis. Atelier 4 : Couché sur les Avant-bras. Atelier 5 : Petite Sirène.
p.4  Ateliers 6: Quatre Pattes.  Atelier 7 : Appui Facial.  Atelier 8 : Suspensions Tractions.  
p. 5 Atelier 9 : A genou espalier.  Atelier 10 : Debout Espalier.
p. 6 Atelier 11 : Coin d’espalier.
p. 7 Atelier 12 : A genou. Atelier 13 : Chevalier Servant.  Atelier 14 : Accroupi.  
p. 8 Atelier 15 : Debout pieds écartés.
p. 10  Atelier 16 : Debout sur polygone de marche. Atelier 17 : Monopodal.
 P . 11 Atelier 18 : Marches courtes avec attention. Dans les marches courtes (jusqu’à 10 mètres) le patient peut se focaliser sur un point du corps. Il ne le peut pas dans les marches longues que l’on confie à l’auto-organisation neuronale.
Atelier 19 : Sauts impulsion.

Evaluation Mode d’emploi
L’évaluation (la mise en valeur) sert à la connaissance du résultat par le patient et le kiné pour la motivation réciproque.  0. Si la posture n’est pas réalisée seul.
A. Si elle est amorcée par le patient. Ces deux points sont notés en rouge et ne rapportent pas de point. Les A. révèlent au kiné les points gagnables.
X. Lorsque l’item est réalisé par le patient seul. Au sein de l’atelier de positions, on fait ensuite le total des croix vertes qui donne un score par position. Les X introduisent un challenge autour du score par atelier. Si le patient n’a pas les moyens cognitifs de comprendre ce challenge, ce score influencera au moins le kiné.
Si le patient ne parvient pas à réaliser une tâche, est-il capable de réaliser ou d’amorcer cette tâche avec un
« Aménagement Matériel du Milieu"[9]?  Le kinésithérapeute note quelle adaptation de l’espace il a fait pour que le patient réalise la consigne. A chaque difficulté acquise, en phase de perfectionnement il faudra créer un espace adapté (Volume maitrisé) pour faciliter une répétition ludique.

Au sein de chaque position il y a une progression des difficultés 
1°) Tenir la position Comptez les secondes à haute voix.
2°) Osciller sur cette position d’Avant en Arrière et de Droite à Gauche, Tangage, Roulis, Plier, Tendre
Les habiletés posturales sur polygone fixe sont notées dans des cases à fond blanc.
3°) Descendre à droite puis remonter de droite (idem à gauche en avant en arrière)
Les descentes au sol et remontées par le même chemin sont sur fond gris
4°) 1 tour à Droite, 1 tour à Gauche
5°) Se déplacer en Avant, Arrière, droite et Gauche sur 1, 2 ou 10 mètres suivant les positions.
Les déplacements et demi-tour sont sur fond jaune

Habileté morphocinétique. 
On essaie au maximum d’utiliser des consignes de cibles, afin que le patient se concentre sur le but et l’intensité et non sur le « comment je fais le mouvement ? ».
Mais il y a obstacle à l’apprentissage car parfois le patient attend du kiné qu’il lui dise le « bon » mouvement. Il ne fait pas de la rééducation pour compenser. Il veut corriger voire empêcher cette compensation. C‘est pourquoi dans le répertoire certains mouvements permettent l’attention interne (focalisée sur le corps). Il est possible d’améliorer une posture par l’attention interne, parce que précisément le patient est en sécurité et qu’il a le temps de corriger le placement. Ainsi, le patient qui corrige sa posture satisfait son désir d’apprendre le mouvement « correct ». (Initiation)
Ensuite, il va se frotter à sa capacité ou à son incapacité de l’automatiser par la répétition. (Perfectionnement) Et enfin il verra s’il devient Expert [10]  dans ce mouvement quand il peut le faire en discutant).

Répertoire d’Habiletés Locomotrices Mécaniques 
Fauteuil roulant à main, à pied, double main courante, électrique,
Aides à la marche : flèche, rollator 2 roues, 4 roues, déambulateur, canne anglaise, canne canadienne, canne simple, canne Moïse. Draisienne, trottinette à 3 roues, tricycles à mains, à pieds, trottinette, vélo.

Conclusion :

On objecte que ce répertoire locomoteur est trop long. Il faut en effet plus de cinq heures pour le remplir complètement. Les échelles donnent les incapacités les plus basses, mais ne révèlent pas la stratégie pour améliorer les capacités les plus hautes. Les échelles donnent les paliers. Avec le répertoire posturo-segmentaire, nous recherchons les marches entre deux paliers.
Qu’est-ce que cinq heures dans une vie ? Effectivement faire le bilan des incapacités est plus rapide, mais que fait-on avec des résultats négatifs ? On n’apprend qu’à partir du positif que l’on améliore peu à peu et qui peut déboucher parfois sur des capacités nouvelles. Quand on dit « C’est en forgeant qu’on devient forgeron », on oublie que l’apprenti frappe des milliers de fois à côté avant d’atteindre sa cible. C’’est donc en forgeant mal que l’apprenti améliore peu à peu son geste. Il en est de même pour les instruments où l’on fabrique les notes. C’est en jouant faux que l’apprenti violoniste finit par jouer juste. Si on l’empêche de jouer faux, il ne jouera jamais juste. Or nombre de kinés et de MPR veulent corriger le mouvement compensé (par des injections de botox entre autres). Le débat ne porte pas sur corriger ou favoriser le mouvement compensé, le débat porte sur l’amélioration de la fonction. Il n’est pas intéressant d’améliorer la façon de marcher sur les 10 mètres de la piste d’Analyse Quantifiée de la marche en attention focalisée. Il est fondamental en revanche d’améliorer le périmètre et la vitesse de marche de la personne. (Voir plus haut « habiletés morphocinétiques »)
L’enfant et l’adulte IMC n’ont pas d’autres moyens de bouger que ce qu’ils nous montrent. Il faut donc encourager leur façon de bouger. Ensuite il faut s’employer à corriger la posture pour éviter que les rétractions induites par les compensations ne se fixent.
Oui, ce programme est long à établir et il a vocation à s’allonger encore. Quand un patient utilise une nouvelle stratégie qui n’y figure pas, il faut la rajouter, car elle pourra peut-être servir à d’autres.
Oui c’est complexe !  Déjà que la rééducation de l’entorse de cheville n’est pas toujours simple ! Chez les IMC quadriparétiques, on se retrouve avec une rééducation portant sur les deux pieds, les deux  genoux et hanches, les deux mains, les deux coudes et épaules plus le tronc.
Il faut donc faire l’effort de découvrir une à une ses stratégies motrices pour voir si l’on peut en améliorer une et empêcher qu’une autre disparaisse faute d’entrainement.
            C’est pour cela que ce programme se transforme en bilan par le score des capacités réussies, qui nous tient informé de la stagnation, de la progression et de la régression par atelier de positions.
Il ne s’agit pas de faire l’impossible, mais « simplement » de l’’aider à faire 100% du possible et ça c’est complexe.




[1] PICQ, P. Premiers Hommes Flammarion,  2016
[3]. Paillard, J. La machine organisée et la machine organisante.. Revue de l’éducation physique belge 17 (1977): 19-48.
[4] Sultana Mesure.(2017) Connaissances indispensables pour une rééducation neurologique efficace. Kinésithér Scient 2017,0590:19-25 
[5] global analytique ; implicite≠ explicite ; attention externe (sur la cible) ;  exogène : passive, objective, automatique, dirigée par les évènements (Attention Motor skill learning . G Wulf)
[7] Gatto, Garnier, Viel. Education du patient en kinésithérapie. 2007 Sauramps p. 107
[8] Laurent F. Corrélation entre capacités segmentaires, posturales, et capacités de marche en rééducation neurologique centrale. Kinésithérapie scientifique. 2010(509):39-48.
[9] FAMOSE, Jean-Pierre, HÉBRARD, Alain, et SIMONET, Pierre. Contribution de l'" aménagement matériel du milieu" à la pédagogie des gestes sportifs individuels. 1979.
[10] MESURE, S.. SULTANA, R.  Ataxie et syndromes cérébelleux; approches fonctionnelles, ludiques et sportives. Masson,  2008

mardi 16 avril 2019

10 Debout Espalier, 11 Unipodal en Coin, 11. Echelles Verticalisation et Suspensions




12 A genou, 13 Chevalier servant, 14 Accroupi


15 debout pieds écartés, 16 Polygone de marche double appui

La station debout pieds écartés ne permet pas de se déplacer. Elle est là pour préparer les appuis droits et gauche et vérifier les transferts latéraux du poids du corps.
Elle prépare aussi la position de polygone d emarche en double appui.


La Station debout un pied devant l'autre explore les différents phases du double appui pied droit arrière et pied gauche arrière.



18 Marches courtes avec attention, 19 Impulsions


dimanche 14 avril 2019

Bilan Programme Segmentaire


 Les 7 dernières pages représentent les programmes de motricité et d’étirements segmentaires.
Après le répertoire locomoteur global, le thérapeute a parfois besoin de se focaliser sur un segment particulier : savoir comment est le bras ? La jambe ? Le tronc ? C’est pourquoi, il est devenu nécessaire de recourir à des postures où l’on se focalise sur un élément particulier.

Motricité Segmentaire
Ne pas confondre la reprogramation segmentaire avec la musculation.

 Les programmes de « musculation » d’ »athlétisation » effectués à travers les machines de musculation ont un intérêt limité en neuro-cérébrale car le mouvement utilise les leviers de la machine. Alors que les personnes cérébro-lésées ont besoin de créer les programmes de leurs propres leviers d’équilibre. « Cette logique qui commande les gestes du métier, mais aussi ceux du sport est strictement inverse à celle qui gouverne les corps en action sur les machines des salles de fitness… Les machines de fitness sont conçues pour se concentrer sur le seul effort musculaire. Tournées vers le corps qu'elles placent dans une situation entièrement artificielle, elle produisent des efforts purs mais des gestes abstraits, sans matière et surtout sans pensée"[1]»
En bref, un programme de musculation ne fera que du muscle sans créer de synapse.
Un programme de renforcment segmetaire n situation fonctionnelle affinera les synapses en m^me temps qu'il fera du muscle.

Mesure[2] reprend l’axiome de Beevor énoncé depuis 1903[3] : « le cerveau ignore le muscle, il ne connait que le mouvement ».


L'accent est mis sur le renforcement musculo-synaptique d’un segment précis Mbre Sup. Droit ou G, Tronc ou MID ou G. 

La motricité compensée, n’est pas la motricité qu’on pensait. 
L’altération de structure neurologique oblige le parétique, l’ataxique ou l’athétosique à bouger avec ce qu’il lui reste de neurones. C’est la répétition qui perfectionnera son geste. L’attention est focalisée sur le but et ne contrôle pas consciemment les moyens mis en place.

Etirements Segmentaires 
Dans une posture définie, l’accent est mis sur l’étirement d’une ou deux articulations voire d’un groupe de muscles précis. La participation du patient est essentielle puisqu’il autorise ou pas l’agrandissement de l’amplitude à l’aide d’un code précis de  douleur consentie :
  1. légère douleur, on peut continuer la progression.
  2. douleur intense supportable arrêt de la progression, tenue de la posture, relâchement respiratoire.
  3. douleur intense insupportable, arrêt de la posture).
Page 13. Motricité du tronc : flexion, extension, rotations inclinaisons
Page 14. Capacités Motrices des Membres Supérieurs.
Page 15. Colonne A. Capacités Articulaires des Membres Supérieurs.
 Colonne B. Premières Capacités Motrices Hémiplégie.
Page 16. Capacités Articulaires des Membres Inférieurs Couché Assis
Page 17. Capacités Articulaires des Membres Inférieurs Debout
Page 18. Capacités Motrices des Membres Inférieurs Couché Assis
Page 19. Capacités Motrices des Membres Inférieurs Debout

[1] LOCHMANN, A. La vie Solide Payot.2019
[2] Serge Mesure. (2018) Posture et équilibre: de la sensorialité à la motricité tout un processus d'intégration corticale.  . Kinésithérapie scientifique
[3] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2513940/pdf/brmedj08255-0012.pdf

Bilan Programme des Membres Supérieurs

12 habiletés motrices des membrs supérieurs
Motricité active et Mobilisation consentie des membres supérieursA quelle amplitude le patient consent-il?
1. douleur légère on peut agrandir l'amplitude
2. douleur intense on ne progresse plusmais on tient l'amplitude et on respire en se relâchant.
3. douleur intolérable, on lâche la posture.

Bilan du tronc actif et passif


Membres Inférieurs Amplitudes Articulaires



Membres Inférieurs: Motricité, Habiletés



lundi 5 mars 2012

Le Metayer

C'est Michel Lemetayer qui a initié, popularisé  la prise en charge des jeunes enfants IMC en France.
Il a également instruit et formé les kinésithérapeutes intéressés par cette prise en charge à travers le CDI

(lien ci-dessous)


http://www.institutmc.org/index.php?option=com_content&view=article&id=5&Itemid=112 

mercredi 21 décembre 2011

Mouvements actifs sur Verticalisations passives


La verticalisation passive reste l'outil indispensable de prévention orthopédique des membres inférieurs.
Il faut utiliser ce temps passif sur les membres inférieurs pour renforcer activement le tronc et les membres supérieurs. 
10 types de verticalisations possibles:




1. verticalisations bipodale dorsale oblique
Etirement des Ischio-Jambiers
2. verticale


3. verticalisations unipodale dorsale oblique
pour gagner en flexion dorsale de cheville
4. verticale

5. verticalisations bipodale ventrale oblique
utile pour rechercher une extension progressive lorsqu'il y a genou flessum. Pour savoir si la rétraction est conjonctive ou hypertonique.







6. verticale






7. verticalisation unipodale ventrale oblique
8. verticale


9. Stand up tronc libre

Utile pour travailler l'élévation des membres sups en charge



ou flexion extension du tronc.
























10. Debout avec des attelles cruro pédieuses bivalves dans un box de découverte de bipédie ou de marche latérale

mardi 7 juin 2011

les 3 marches

La Marche de l'infirme moteur cérébral  enfant adulte - Jean Claude Bernard -  Springer 2006  - p. 30

1986: Range Silver Garza décrivent :
- Jump Knee
- Crouch Knee
- Stiff Knee
Miller Puis Roda et Graham 2001 2004 ont proposé
- True equinus "double faucheur": cheville en flexion plantaire, genou en extension
- Jump gait: (doubles steppeurs) pied en flexion plantaire excessive, hanche genou en flexion pendant  toute la phase oscillante et pendant la phase précoce d'appui et ne vont jamais jusqu'à l'extension. On peut contester l'appellation  "jump gait". Cela n'a rien d'une marche sautillante. Jamais le patient ne saute, il y a toujours un point d'appui au sol. Point de temps de suspension.  C'est plutôt une "collapse gait" un effondrement du bassin  à chaque pas antérieur à cause du défaut de longueur du membre par la flexion de genou. La personne doit alors dans le temps suivant compenser par une extension active (incomplète) pour remonter le bassin
- Apparent equinus (la même avec cheville normale)
- Crouch gait: ("marche accroupie") cheville en flexion  dorsale  pendant tout l'appui et genou et hanche flex pendant l'appui.
http://indigo.blackweb.co.nz/Portals/111/Images/Cerebral%20palsy%20foot.pdf
Ces dénominations sont intéressantes pour  se comprendre entre confrères. Ces marches  sont des réponses à leurs déficiences. Mais on n'a aucun moyen  de les modifier.  Mieux vaut essayer de développer le périmètre et la vitesse et encadrer les déformations par des  attelles, des postures et des exercices de renforcements segmentaires.
Attention aux  ardeurs correctives  de certains chirurgiens et des laboratoires de marches qui par leur vision très mécano-réductrice proposent d' "améliorer" telle ou telle phase de marche! 
Le projet reste l’amélioration de la fonction Marche
ou si la marche n'est pas fonctionnelle on cherche à améliorer la performance marche  par prophylaxie.
La fonction ou la performance de marche passe par la mesure du périmètre autonome et de la vitesse. Les autres critères sont trop subjectifs pour conditionner un geste opératoire.

renforcement membre inférieur

renforcement excentrique concentrique

Planche à roulettes

Utilisation de la planche à roulettes pour sentir le déplacement par le bassin. Le patient a compris le transfert vers la gauche , mais pas encore vers la droite.

samedi 5 mars 2011

IMC²

La gamme de KMX tricycles à deux roues avant offrent le plaisir de la vitesse aux IMC. Au départ, conçus pour des valides, ils sont très vite adaptables à n'importe quel handicap cérébral. Il peuvent être conduits d'une main.

Il existe un tricycle tandem pour les IMC déficients visuels: so seul défaut c'est qu'il coute 10 000 dollars soit 8000€
http://www.greenspeed.com.au/gtt.html

Echelle de Verticalisation

L'enfant a les pieds attachés  au barreau de l'échelle et elle peut se verticaliser progressivement en tirant sur ses bras et en poussant sur ses jambes.

Pieds attachés aux barreaux et jambes en dessous des genoux












Quadrupédie à l'échelle





On a mis des attelles pour verrouiller les coudes.
(tuyau de PVC coupé en long et garni de mousse) 







Les jambes sont attachées aux barreaux de l'échelle.Les pieds peuvent tprendre appui sur le barreau pour aller à plat ventre. 





L'enfant peut se hisser vers le jouet à quatre pattes.

Qui êtes-vous ?

Francis Laurent kinésithérapeute libéral Bordeaux. Enseignant la neurokinésithérapie dans les écoles de Bordeaux, Bègles Dax et DU Paris Est Créteil. Formations avec : http://www.alister.org/formations/reeducation_kinesitherapie_hemiplegie_chronique http://www.fcsante.org/programmes/hemiplegies.pdf http://www.rkbe.fr/reeducation-active-en-neurologie/